Comment dire non sans culpabiliser ?

Comment dire non sans culpabiliser ?

« Non », trois lettres, une syllabe, un mot parmi les plus simples et courts que tout le monde emploie. Et pourtant, celui-ci est tellement difficile à prononcer pour certaines personnes. Par peur de froisser, par manque d’affirmation de soi, ou encore peur du sentiment de remord et de culpabilité, elles sont tout simplement incapables de refuser. Les psychologues et les précurseurs du développement personnel un peu partout dans le monde s’accordent sur le fait que ne jamais répondre non sans culpabiliser est une faiblesse qu’il faut absolument combattre, et ce que cela émane d’un manque de confiance. Oui, mais comment parvenir à ne plus avoir ce sentiment après avoir dit non ? Suivez ces quelques conseils.

Gros plan le portrait d'une femme montrant le geste d'arrêt Photo gratuit
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Non : pourquoi est-ce important  ?

« Pour dire oui, il faut savoir dire non » cette célèbre phrase de François Mitterrand reflète parfaitement l’importance d’avoir l’équilibre entre l’acceptation et le refus. Il est en effet nécessaire de poser des limites vis-à-vis des demandes abusives et de ne pas céder à la moindre manipulation affective de la personne de son interlocuteur . Il ne s’agit pas ici de renoncer à être serviable ni perdre l’empathie. Il est surtout question d’éviter les extrêmes : toujours oui ou au contraire toujours non. Et cela, vous pouvez l’apprendre.

En réalité, dire non en ne ressentant pas de culpabilité est une manière de combattre l’hypocrisie. Il vaut mieux être clair sur ce que l’on veut ou ne veut pas plutôt que de faire quelque chose à contrecœur ou à l’encontre de nos convictions. Personne ne pourra nous blâmer d’avoir été franc. La franchise est une forme de respect envers les autres. D’un autre part, refuser c’est aussi s’affirmer et avoir confiance en soi. Cela permet de se positionner face à une situation : nous avons notre point de vue, notre position, nos envies, et on l’assume pleinement.

Vous avez passé une journée surchargée et tout ce dont vous avez envie c’est de retrouver votre lit, mais des amis vous demandent de sortir ? Comment apprendre à refuser ? C’est simple : pensez au fait que vous ne pourriez rien faire pour les autres si n’êtes pas bien. Dans les avions, on recommande aux passagers de toujours mettre leur masque d’oxygène avant d’aller aider les autres en cas d’incidents dans les airs. Cela signifie que votre capacité à faire quelque chose pour autrui dépend de votre état.

Pourquoi est-ce si dur de dire non ?

Certains individus associent le fait de dire non sans culpabiliser à la négativité. Ils interprètent le refus comme un manque de considération, voire même une -volonté de nuire. Ils évitent donc de dire non aux demandes devenues abusives, ou aux invitations qui compromettre leur propre bien-être, par peur des mauvaises réactions des autres. Ils redoutent également d’être vus comme des personnes arrogantes et antipathiques.

Les psychologues estiment que ceux qui n’arrivent pas à dire non sans ce sentiment de remord et de culpabilité ont un faible estime d’eux-mêmes et de confiance en eux-mêmes. Ils sont en constante recherche de reconnaissance et d’affirmation. Ils font alors taire leurs désirs et donnent beaucoup d’importance à ce que pensent les autres. Ces gens-là sont profondément sensibles et très souvent blessés par leur passé. Il faut énormément de travail sur soi pour réussir à se dénouer de ce cercle infernal.

Comment dire non sans culpabilité et sans froisser les autres ?

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Il est tout à fait possible de prononcer des « non » en ayant l’esprit tranquille, et surtout sans porter préjudice à nos relations avec les autres. Voici comment faire.

Utilisation du “oui mais”

Vous êtes au bureau, votre responsable vous demande de traiter sur-le-champ un dossier compliqué. Et en même temps, votre collègue dit avoir besoin de votre aide. Au lieu de dire non, répondez : « J’aurais bien aimé le faire, mais je suis sur un dossier urgent pour le moment. On verra cela plus tard si tu veux bien ». Avec cette méthode et notamment vous référant à de nombreux autres articles concernant le développement personnel , vous pourrez apprendre que dire oui avec condition peut passer mieux qu’un non sans explication.

Le délai de réflexion

Si l’on vous demande de réaliser une chose qui ne vous convainc pas forcément, rien ne vous oblige de donner une réponse immédiate. En effet, certaines décisions demandent de la réflexion. Il vous suffit donc de prendre du recul en demandant de remettre votre réponse pour plus tard. Cela vous permettra de mieux formuler votre réponse et de bien peser le pour et le contre. C’est un excellent moyen de dire non et de ne pas avoir de remords et de pression . Veillez seulement à bien préparer votre réponse après mure réflexion.

Un non avec motif

Il est important d’argumenter votre réponse. Vous avez tout à fait le droit de vous justifier lorsque vous êtes pris au dépourvu. Votre interlocuteur acceptera sans soucis votre refus s’il comprend votre position. Si ce n’est pas le cas, alors le problème n’est plus de vous. Le but est de clarifier les choses, sans agressivités ni oppression. En d’autres termes, vous négociez la suggestion. Votre non sera alors pourvu de sens, et vous avancerez en même temps des solutions. Astuce, utilisez des termes du style « Je ne suis pas contre mais… », « Et si au lieu de ça, tu/je… », « J’aimerais beaucoup, mais ce serait mieux si… ».

Justifier la vie privée ou les compétences

Pour dire non sans se sentir bien mal après, le cadre du travail, c’est-à-dire votre indisponibilité à cause de votre occupation professionnelle est tout à fait justifiée. Si votre supérieur vous demande de faire quelque chose qui n’entre pas dans le cadre de votre mission principale, vous avez le droit de dire non si vous ne pouvez pas le faire. Si vous ne vous sentez pas capable de le faire, ou si vous ne l’avez pas fait, votre refus pourrait bien éviter des problèmes. Servez-vous de cela pour vous excuser et donnez des suggestions si vous en avez. C’est aussi une façon de se responsabiliser et d’anticiper.

En outre, vous devez également défendre votre vie privée et vos occupations personnelles qui importent autant que votre travail ou votre vie sociale. Vous avez une vie hors du travail, vous avez des tâches à faire à la maison, vous devez être présent pour vos enfant, votre mari/femme. Vous avez le droit de prendre des poses, de partir en vacances… Bref, d’avoir votre vie et vos plaisirs. Cela signifie que vous n’êtes pas disponible à tout moment !